Je vous demande de vous mettre à la place d'un annonceur (Nike ou Danone par exemple). Vous êtes responsable des achats médias. Vous souhaitez intégrer au sein de votre dispositif de communication les nouveaux médias: achats sur sites web, réseaux sociaux, mobile, ...
Problème: pour le mobile, vous ne disposez d'aucune source fiable, ni reconnue par le marché. En tant qu'éditeur ou en tant que régie, je vous assure que l'audience de tel site est composé à 40% d'hommes et 60% de femmes. Vous ne me croyez pas? Vous allez devoir, si vous êtes motivés pour "tester" ou "investir massivement" dans le mobile. Sinon, je devrais faire preuve d'une bonne dose de persuasion.
La bonne nouvelle, c'est que les opérateurs se sont mis d'accord pour confier à Médiamétrie la mesure d'audience de l'internet mobile en France, pour ne livrer ses premiers résultats qu'au cours du 1er semestre 2010... Tu parles d'une révolution!
Et (publiquement) on ne sait pas ce qui sera mesuré ni quelles données seront accessibles. Mieux, Médiamétrie étant en situation de monopole sur le sujet, l'institut d'études ne se gênera pas pour vendre les données à un prix exorbitant (si l'AFMM ne les garde pas secrètes...). Dire que Médiamétrie y travaillait déjà en 2008...
Je martèle depuis plusieurs mois au sein de Mondadori France Digital que l'heure est à la convergence et qu'il faut désormais envisager les sites mobile (sans parler des applications) comme une déclinaison ou un prolongement des sites web. Du moins, des produits complémentaires...
Force est de constater que nous y arrivons progressivement et que les prochains lancements seront dans la même veine. De plus, d'un point de vue publicitaire, cela aiderait à avoir une audience plus importante et donc d'être capable de proposer un dispositif aux annonceurs plus large.
Le problème reste le même face à la question "comment est constituée ton audience?" ou mieux "tu fais combien de Visiteurs Uniques Nielsen?" (qui semble-t-il est le Dieu régnant dans la mesure du web en France). Je suis incapable, et pour cause, de fournir des données qui fassent référence pour le marché publicitaire.
Ceux qui auront vu débuter le marché du web il y a 10 ans se remémorent ces mêmes moments et difficultés. La différence est que nous sommes en 2009 et qu'avant 2010, nous n'aurons rien de factuel. C'est bien dommage. A ceux qui prophétisaient 2009 comme l'année de la pub sur mobile, je suis bien désolé pour eux... et pour moi!
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