Orange a annoncé le lancement au Royaume-Uni et en France de son Application shop. Disponible à un parc restreint de clients, ce store sera progressivement embarqué au sein des téléphones vendus par l'opérateur.
Est-ce un geste désespéré pour contrer le développement de l'AppStore d'Apple, pour lequel Orange ne touche pas le moindre centime du chiffre d'affaires généré? D'une certaine manière, oui.
Toutefois, il faut également admettre que le parc de clients des opérateurs ne se résume pas à un seul téléphone, d'une seule marque. Apple a permis de vulgariser et de développer l'usage des applications, mais il ne représente encore qu'une très faible part du parc total de téléphones.
Orange va plus loin (Vodafone aussi avec Vodafone 360) avec son Application Shop, censé adresser la totalité de son parc. Je rejoins l'avis de Thomas Husson sur l'horizontalité de la distribution de téléphones aux clients (plusieurs marques, téléphones différents) pour un opérateur. Orange se doit de proposer à l'ensemble de ses clients la même "valeur d'usage", aussi dans une logique de fidélisation.
La vocation est donc louable d'un point de vue "clients" et pertinente d'un point de vue financier. Toute la problématique revient à se demander comment Orange va adresser la fragmentation des terminaux (chaque téléphone a ses capacités techniques et ses contraintes) et proposer des "solutions" aux développeurs d'applications.
Concrètement, seuls de très gros acteurs sont capables d'investir plusieurs dizaines de milliers d'euros pour toucher un large parc. Les éditeurs de jeux pour mobile sont rompus à cet exercice mais on touche ici la limite de la proposition de valeur: si l'offre n'est pas assez exhaustive et complète (d'un point de vue client), la démarche initiale sera vaine et donc, finalement, destructrice de valeur pour l'opérateur.
Articles à ce sujet
- Thomas Husson (Forrester)
- Jérôme Bouteiller (NetEco)
- MobiAd News
- Philippe Guerrier (IT Espresso)
Les commentaires récents